Mal de terre

Arrivée à Aassiat, port d’hivernage du Baloum Gwen

D’abord, il faut sauter sur l’échelle qui monte au quai. Et puis courir pour attraper l’amarre avant, un tour mort autour de la bite d’amarrage puis une demie clé, une autre, une demie clé à l’envers, parce qu’il n’est pas le temps de réfléchir à une nœud plus simple, puis courir pour attraper l’amarre arrière, un tour mort puis une demie clé, une autre… puis courir pour attraper la garde avant, un tour mort, puis une demie clé… puis la garde arrière, un tour mort…
Attendre de voir comment se comporte le bateau, imaginer comment sera le marnage en regardant les traces sur la grève parce qu’on n’a pas vraiment regardé l’annuaire des marées Groenland.
Le moteur tourne encore.
Le moteur s’arrête.

Les pieds sont posés sur le quai immobile, du moins théoriquement.
Parce que là, tout remue. Le sol s’en va, revient, monte et descend.
Parfois doucement.
Parfois violemment.

Froid 46

Panorama du froid : Villy-en-Auxois – Maison de Repos « Le Château » © Jochen Gerner

Je respire, j’essaie de me dire que c’est fini.
Mais le sol s’en va obstinément, il remonte, redescend, tourne, rebondit.
A tel point qu’il est plus sérieux de retourner vite au bateau, reprendre l’échelle et de s’allonger.

Cette fois-ci, le mal de terre durera trois jours. Trois jours pendant lesquels je n’ai pas pu vraiment manger. Trois jours dans le sommeil.

Au bout de trois jours, je me suis promenée sur la terre ferme, j’ai respiré, j’ai essayé de me dire que c’était fini.
J’ai pu manger un plat chaud entier.
Mais rien n’est fini.
Il faut trois mois paraît-il pour revenir à terre.

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